mercredi 28 décembre 2016

Bilan semaine 75

Comme tout le monde s'accorde à déclarer 2016, annus horribilis, 2016 se venge et nous prive de Carrie Fisher juste après avoir dézingué Georges Michael.
Égoïstement, j'espère que le tournage du prochain Star Wars était fini. Si j'ai pas de réunion Luke / Léia dans le prochain épisode, ça va chauffer...
2016, année de la baise...
Je décide donc que 2017 sera année super chouette.

On ne se laisse pourtant pas aller, et je force aujourd'hui Clarissa à visiter un musée du train avec une sympathique expo de réseaux de toutes échelles.


Avec des décors de désert et de montagne.


Et on termine la visite par un wagon Pullman en excellent état qui a été le wagon officiel de Hoover, Roosevelt, Truman et Eisenhower.



Le Air Force One de son époque en sorte.


Arizona Bart loves trains.

mercredi 21 décembre 2016

Bilan semaine 74

Boudiou, deux jours de retards, ça va pas du tout. Désolé.

Une dernière semaine d'école un peu chaotique, entre les gosses bien énervés de voir arriver les vacances mais qui doivent passer leurs exams de fin de semestre avant; les profs qui doivent jongler entre corriger les dits exams et en même temps rédiger un roman pour l'évaluation de chaque gamin; les parents venus bénévolement surveiller les exams pour que nous n'ayons pas à le faire; et surtout, surtout, les mômes qui courent après les profs entre deux sessions pour leur offrir leurs cadeaux de Noël.
En bon Français, je me suis dit, gardez vos cadeaux et filez moi une augmentation à la place, mais c'est assez impressionnant le pognon que les parents doivent lâcher. Je suis loin d'être le prof le plus populaire et je m'en sors quand même avec une tonne de cartes cadeaux pour Starbucks (directement dans la poche de Normandy Cla) et Barnes & Nobles (une chaîne de librairie; ça, je les garde pour moi), sans compter les mugs, les chocolats et les cartes de vœux.

Une partie de mon butin de la semaine:



Je m'étonnais, en bon étranger, de tout ce qu'on recevait quand une gamine m'explique que c'est rien par rapport à la Teacher's Appreciation Week (la semaine de reconnaissance envers les profs). J'ai hâte de voir ça...

!!! SPOILER ROGUE ONE !!!

Sinon, Rogue One. Oh putain, Rogue One. Tu vois bon, ben pire que bon, carrément que du bonheur en tranche de deux heures. Je crois que j'ai mieux aimé que The Force Awakens. Et puis surtout, tout le monde crève à la fin, ça, ça change.


Arizona Bart enjoys a well deserved holiday.

mardi 13 décembre 2016

Bilan semaine 73

Alors, maintenant que la miss est arrivée et à reçu son numéro de sécu, retour chez mon comptable pour finaliser ma déclaration d'impôts de 2015. Bonne nouvelle, je vais récupérer plus de pognon que prévu et comme on est toujours sur la même déclaration, je n'ai pas à payer le comptable en plus de ce que j'ai déjà raqué la première fois. Y'a plus qu'à attendre que et l'état d'Arizona et l'IRS (Internal Revenue Service, service des impôts) me remboursent du trop perçu.

Aujourd'hui, j'ai connu une de ces petites victoires qui donnent l'impression qu'on ne fait pas notre boulot d'enseignant pour rien. Je demandais aux mômes, en préparation pour leur examen de fin de semestre, un exemple de cas où la source historique doit être mise en question. J'attendais une réponse sur Hérodote et l'Empire Perse, comment les sources quasi exclusivement grecques sur l'histoire de l'Empire Perse sont partiellement ou totalement subjectives.
Au lieu de ça j'ai eu, de la part d'un redoublant: "C'est comme l'année dernière où Monsieur H nous a dit que tout ce qui était dans la Bible était vrai, alors que vous nous avez expliqué qu'Abraham et tous les autres sont des personnages bibliques mais pas historiques."
Une petite larme me coule sur la joue: si je n'ai servi qu'à ça, j'ai au moins participé au délavage de cerveau d'un petit américain.

En plus de ça, tradition dans les écoles américaines, les mômes commencent à apporter aux profs leurs cadeaux de Noël: en général des cartes cadeaux pour divers magasins.
En bon franchouillard, je dis: c'est bien, mais je préférerais que vous gardiez vos cadeaux et que vous m'augmentiez le salaire à la place.
C'est l'hypocrisie ou l'ironie, selon que vous soyez cynique ou non, américaine: on passe son temps à faire de grande déclaration sur son amour et respect pour ceux qui servent le pays et la jeunesse: flics, pompiers, profs, etc, mais on fera pas un effort quelconque pour leur filer un salaire décent.


Arizona Bart has his first teaching victory.

mardi 6 décembre 2016

Bilan semaine 72

Cette semaine les décos de Noël commencent à être installées, et on en profite pour faire le tour le soir et admirer les plus jolies.
On va aussi assister à la parade de lumières de notre ville, et on en profite pour faire l'andouille au magasin de cow-boys du centre ville:


Sinon, la miss à déjà son numéro de sécu, et elle commence son nouveau boulot mercredi, elle perd pas de temps.

Quelques photos de Vegas pour finir:


Une surprise dans le faux quartier parisien:


Une statue de Du Guesclin! On se demande bien comment, dans la liste de tous les clichés que les Américains ont sur les Français, Du Guesclin se retrouve en exposition à Vegas...


Arizona Bart wonders how Du Guesclin ended up in Vegas.

mardi 29 novembre 2016

Bilan semaine 71

Ayé, cinq heures de routes en plein désert (tu serres les fesses de crainte de tomber en panne) pour aller récupérer Normandy Cla à Vegas. On profite du weekend à rallonge de Thanksgiving pour traîner dans la ville du péché. Je suis pas impressionné, c'est soit complètement en toc façon Disneyland, ou alors franchement glauque. Et puis ce mélange de parfum artificiel de produit à chiottes pour tenter de couvrir l'odeur de fumée de cigarette froide (et oui, ici c'est encore légal de cloper à l'intérieur), c'est plutôt dégueulasse. Bref, on pourra dire qu'on y a été.
Malgré tout, j'en tire quelques jolies photos:
Le Flamingo:


Le Caesar's Palace:


Le Bellagio:




On a vu plein d'autres trucs bien sûr, à paraître dans les prochains articles.
Sinon, on n'a perdu que dix dollars aux machines à sous.

Dans un tout autre registre, notons la perte coup sur coup de trois politiciens: Sarko, Juppé et Castro. On n'en regrettera qu'un seul dans le lot, je vous laisse deviner lequel.
Mais Fillon, quand même, putain la gauche sortez-vous les doigts du cul; vous pouvez pas laissez gagner Fillon...


Arizona Bart wanders into Nevada.

mardi 22 novembre 2016

Bilan semaine 70

Pas grand chose de nouveau cette semaine.

Ce soir je fais mon sac à dos parce que demain dès la sonnerie, je saute dans la voiture direction Las Vegas pour aller récupérer Normandy Cla. Enfin!

Allez, c'est pas le tout, mais j'ai des chaussettes à empaqueter. Boujou à tous comme on dit là-bas.


Arizona Bart prepares a trip to Vegas.

mardi 15 novembre 2016

Bilan semaine 69

Bon, on se reprend comme on peut. Comme je l'expliquais dans mon dernier poste, c'est pas moi, mâle de type caucasien, qui va l'avoir la plus mauvaise.
Ceci dit, ce n'est pas une raison pour baisser les bras. J'ai pas une âme de missionnaire, mais le but de faire dans l'éducation aux Etats-Unis c'était aussi de tenter de relever le niveau: on va juste partir d'un peu plus bas. De beaucoup plus bas, je veux dire.

Mais ça démontre ce qui arrive à un pays qui néglige l'éducation de ses citoyens. Servons-nous en de leçon, si possible, et ne faisons pas trop les fiérots: la vieille Europe a eu ses Berlusconi et Sarkozy bien avant que le clown orange ne soit en lice aux USA.

Donc, question éducation je continue à me battre: pendant que mon collègue termine son prêche, j'ai enfin trouvé une référence pour mes plans de cours qui ne soit pas de la bondieuserie toutes les deux lignes; je suis content de pouvoir finir le bloc d’Israël Antique avec un cours de qualité dont je sois fier.
Nous faisons le point cette semaine:
Lui: "Où en es-tu?"
Moi: "Je termine le X s. av. J.C. lundi et je déroule jusqu'à l'invasion perse jeudi. Je conclus vendredi avec un cours sympa sur les Phéniciens. Toi?
- Je fais les Dix Commandements et j’enchaîne avec l'Exil à Babylone.
- Ah... [silence gêné]. Sinon, est-ce que tu crois que ça vaut le coup de faire une bio spécifique de Salmanasar III ou le mentionner simplement au passage suffit?
- C'est qui Salmanasar III?
- C'est le roi assyrien qui a conquis Israël en -722, mais si tu le connais pas, c'est qu'il doit pas être mentionné dans la Bible..."
Ouah la gueule. J'aurai quand même passé trois semaines à taper sur leur putain de bouquin. Si les mômes ont pas compris où je me plaçais, y'a plus d'espoir pour eux... En même temps j'ai été clair: si on dit que c'est juste le livre saint d'une religion, je n'y touche pas (en classe) parce que c'est pas l'objet de mon cours; par contre, si l'on prétend, comme certains le font, que c'est un récit historique fiable, alors là, la chasse est ouverte: c'est même mon devoir en tant qu'historien de questionner (et en l'occurrence, de démonter) les sources.

Sinon, courez vite dans les salles pour voir Arrival avec Amy Adams, Jeremy Renner et Forest Whitaker. C'est vraiment très très bien. Pendant la séance même, j'ai d'abord commencé à être un peu déçu par la façon dont la fin se profilait, jusqu'à ce que je me rende compte que je m'étais trompé sur le sujet du film, du coup, je suis super content. Un film intelligent avec de bons acteurs, ça fait toujours du bien.


Arizona Bart will keep on fighting.

samedi 12 novembre 2016

Coup dur

Ouah, la claque. Par où commencer?
Je savais que pour l'athéiste d’extrême gauche que je suis, ce ne serait pas facile tous les jours aux Etats-Unis, mais là quand même, ils ont placé la barre très très haut. Ou plutôt, très très bas... J'ai quand même l'impression que mon rêve américain est en train de tourner en eau de boudin.

Et pourtant la vie continue, en tout cas pour l'homme blanc d'âge moyen que je suis. Parce que pour les Hispaniques, les Noirs, les musulmans et les femmes de ce pays, c'est une autre affaire: la moitié du pays vient de leur cracher à la gueule en élisant un "individu" (à défaut d'autres qualificatifs plus appropriés) qui a publiquement déclaré qu'ils étaient tous des violeurs (ironique venant de la part d'un bonhomme contre lequel une douzaine de femmes ont porté plainte pour agression sexuelle), ou des terroristes, ou des hystériques bonnes seulement à faire la cuisine, quand elles ne sont pas grosses, moches ou trop vieilles, et qui a été officiellement sélectionné et approuvé par le Ku Klux Klan pendant la campagne.

Il faut admirer le travail de sape de Fox News; les dix dernières années de désinformation contre Clinton ont porté leurs fruits: une grande partie des Américains, dont certains que je côtoie tous les jours, préfère avoir un prédateur sexuel raciste à la Maison Blanche plutôt que "Clinton la corrompue". Mais quand on leur demande ce qu'elle a fait exactement pour mériter une telle haine, ils sont bien incapables de répondre. Bienvenue dans un monde où les faits n'ont plus d'importance et où l'on sélectionne sa réalité en fonction de ses besoins.

Alors comme je crois encore qu'il existe de la bonté dans ce monde, je ne perds pas espoir, surtout quand je vois ça:


Purée, un an à attendre, ça va être long. On peut dire ce qu'on veut sur Besson, il a au moins le mérite d'aimer Valérian et Laureline presque autant que moi. Le teaser ne déçoit pas.


Arizona Bart is disappointed.

mardi 8 novembre 2016

Bilan semaine 68

Ayé, plus que deux semaines avant l'arrivée de Normandy Cla. Ceci dit, en fonction des résultats des élections demain, c'est peut-être moi qui serai dans l'avion de retour dans deux semaines...

En attendant, je continue à devoir enseigner l'Israël Antique à mon corps défendant. J'ai fait clairement comprendre à ma direction que je n'étais absolument pas d'accord avec le choix de passer trois semaines là-dessus au lieu de prendre plus de temps pour l'Egypte ou pour la Grèce.
Ceci dit, ils vont être bien servi: je pense que s'ils s'attendaient à ce que je leur fasse le même cours de catéchisme que mon curé de collègue, ils vont être surpris. C'est mal connaître le Raoul, moi quand on m'en fait trop... Je leur ai préparé un démantèlement systématique de tous les passages classiques de la Bible hébraïque. Vont pas être déçus, j'attends déjà les premiers courriels des parents. Désolé, j'enseigne l'Histoire, pas le Sunday school...
Déjà une gamine m'a demandé pourquoi les scientifiques haïssent la religion. Ma pauvre petite, par où commencer? Déjà, c'est la religion qui hait la science, pas l'inverse, ensuite c'est facile à expliquer: la science s'occupe de faits qui peuvent être prouvés, la religion s'occupe de foi, qui par définition exige de croire sans preuve, eh oui, c'est incompatible. Mais comme le dit mon pote Hitchens: "tout ce qui peut être affirmé sans preuve, peut être rejeté sans preuve."
Bref, cette semaine, je leur ai déjà expliqué que les patriarches (Abraham, Isaac, Jacob) n'ont jamais existé et que l'Exode aussi est une invention des auteurs de la Bible. Mais ça ne se fait pas sans dégât: il a fallu que j'explique ce qu'était la circoncision (réponse: "mutilation génitale de garçons nouveaux nés") et que j'admette que je ne connaissais pas par cœur les Dix Commandements.
Finalement, je transforme cette corvée en exercice pour savoir jusqu'où je peux aller.

A part ça, l'école à tenu la première danse de son histoire ce vendredi, et je me suis bien sûr proposé pour chaperonner (étant bien entendu que c'est pas moi qui ira faire chier les mômes parce qu'ils sont trop collés-serrés). C'était plutôt sympa et c'est rigolo de voir les mômes s'amuser dans un cadre autre que strictement scolaire.


Arizona Bart chaperones his first school dance.

mardi 1 novembre 2016

Bilan semaine 67

Ce soir c'est Halloween. J'ai fait le plein de bonbecs, mais ça se bouscule pas au portillon, seulement une vingtaine de mômes pour l'instant; c'est pas grave, j'ai acheté des bonbons que j'aime, alors je pourrai les bouffer tout seul plus tard.

Sinon, j'ai enfin mis la main sur les cours d'Israël Antique de mon collègue et j'ai confirmation de toutes mes craintes: ses plans de cours consistent à faire lire des extraits de la Bible le soir et de débattre de leur lecture le lendemain en classe... Du coup, je reprends tout de zéro et ça fait quand même un sacré taf. Mais comme de toute façon, en bon mécréant que je suis, tout ce que je peux leur raconter sur la Bible, c'est que Charlton Heston survit à la course de char à la fin, je peux pas trop me mettre en mode croisière. Au moins, c'est pas moi qui vais leur bourrer le crâne avec ces conneries.
Ceci dit, mes étudiants ont pas l'air trop endoctrinés: quand je leur ai annoncé ce matin que tout ce qui est écrit dans la Bible n'est pas nécessairement vrai, personne ne s'est mis à hurler à l'hérétique, c'est un bon début. Y'a encore de l'espoir pour ceux là.

Sinon, pour ceux de mes lecteurs que mes histoires de ruban dérangent: c'est mon blog, je fais ce que je veux. Sinon, moi ça va.


Arizona Bart likes Halloween.

mardi 25 octobre 2016

Bilan semaine 66

Petite semaine en général mais j'arrive quand même au bout des conneries que je suis capable d'endurer au niveau administratif.
Hier dimanche, comme toutes les semaines, je passe mon après-midi à préparer mes plans de cours et autres documents que je dois fournir à la direction. Je profite d'avoir fini tôt pour remplir le blog hebdomadaire destiné aux parents. Aussitôt, je reçois un mail du directeur qui est en copie: "votre article est bien mais il ne fait que 91 mots, il faudrait qu'il fasse minimum 150."
Ma réponse, que je n'ai pas encore envoyée parce qu'il faut parfois quand même rester poli avec son patron: "pas de problème, dorénavant le temps d'écrire les articles ne sera plus pris sur mon temps personnel, par conséquent à vous de choisir si vous préférez que je prépare des cours instructifs et intéressants pour les élèves ou si vous voulez que j'explique au parents ce que leurs gosses n'apprennent pas à l'école parce que leur prof doit s'occuper d'un blog dont tout le monde se passerait".
Ce qui m'énerve le plus c'est ce travers, qu'on trouve aussi très bien développé en France, de vouloir utiliser un outil qui montre à quel point on est moderne et avec son temps, même si l'outil en question n'apporte absolument rien de plus que des emmerdes pour ceux qui doivent le faire tourner.

Sinon, distribution des invitations pour le bal d'hiver de l'école, je me fais donc un malin plaisir à annoncer les couples que je verrais bien pour la première danse: c'est quand même super facile de faire bisquer des pré-adolescents...

Je découvre aussi que pour les membres du corps enseignants, la robe de cérémonie pour les remises de diplômes diffère selon le titre (Bachelor, Master, ou Doctor) et la discipline (il faudra donc que je choisisse entre liseré bleu ciel pour sciences sociales / langues ou liseré blanc pour éducation). J'attends de voir si la robe est bleu marine ou noire... on a le sens du style ou pas.


Arizona Bart can't wait to wear his faculty gown.


mardi 18 octobre 2016

Bilan semaine 65

Et une reprise en douceur avec les réunions parents-profs-élèves. Je dois admettre que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus conflictuel, mais comme les évaluations qu'on nous a fait envoyer dégoulinaient de bons sentiments, c'est difficile pour les parents de les prendre mal. Ceci dit, à force de vivre dans le monde des licornes et des pensées positives, on s'attendrait à ce qu'ils apprennent à lire entre les lignes... En même temps, je ne vais pas me plaindre de ne pas avoir à passer deux jours à me disputer avec les parents des mômes.

Sinon, pas un jour ne passe sans que Donald ne vomisse une horreur supplémentaire. Son discours est désormais que les élections sont truquées et que c'est pour ça qu'il risque de ne pas gagner. Vraiment, y'a aucune autres raisons? Le plus extraordinaire c'est qu'il reste des Républicains, le soi-disant parti de l'ordre et de la morale, pour le soutenir. Je ne parle même pas des rednecks pour qui la candidature de l'homme orange est une excuse pour se soulager des règles élémentaires de décences sous prétexte de se libérer du diktat du politiquement correct. C'est étonnant comment la "parole libérée" est toujours liée à des déclarations racistes et xénophobes.
Malgré tout on ne perd pas son sens de l'humour, même si ça fait froid dans le dos; pour preuve ce reportage, déjà un peu ancien, du Daily Show:


Trump promet un processus de "filtrage extrême" pour les futurs immigrants (traduction, les musulmans terroristes). Le reporteur du Daily Show se rend à un rassemblement de supporteurs du candidat de droite pour voir s'ils seraient capables de passer l'examen.
Extrait choisi pour les non anglophones: "C'est important de respecter les croyances de tout le monde.
- Donc vous respecter le catholicisme?
- Oui.
- Le Judaïsme?
- Oui.
- L'Islam?
- Non."
Mon préféré: le gros porc qui explique que c'est un idéal américain de traiter les femmes avec respect (pas comme dans d'autres "pays extrémistes"), mais qui est très fier d'exhiber son t-shirt qui traite Hillary de salope. Commentaire hilare du journaliste: "Et vous ne voyez même pas l'ironie la dedans, j'adore."

C'est quand même là qu'on voit les limites de la démocratie; du suffrage universel en tout cas.

En attendant, difficile pour les Français de faire la morale quand les fanatiques anti-mariage pour tous rebattent le pavé dans les rues de Paris.


Arizona Bart has doubts about american democracy.

mardi 11 octobre 2016

Bilan semaine 64

Ayé! Après deux ans de paperasses, d'attente, de délais et de frustrations, Normandy Cla a enfin reçu son visa pour me rejoindre. Il était grand temps, parce que je n'allais pas tarder à faire mes valises pour rentrer au pays. L'aventure américaine c'est bien joli, mais je n'avais pas prévu de la vivre en solo aussi longtemps.

Je vais donc tâcher de profiter un maximum de ce qui me reste de célibat avant d'être condamné à faire les vides-greniers et manger de la soupe.
Puisqu'on parle de mal-bouffe, après un an et demi à faire le tour des baraques à frites du coin, je déclare officiellement que mon fast-food préféré est Wendy's avec une mention honorable pour In 'n Out.
Et puisqu'on parle de profiter et que je suis en vacances cette semaine et qu'il n'y a personne pour m'obliger à sortir, je vais me faire un marathon Luke Cage et autres séries télés.

Je rentre juste du dernier Tim Burton, Miss Peregrine's home for peculiar children, c'est bien déjanté comme on s'y attend. Si vous aimez Burton, vous ne serez pas déçus.


Arizona Bart will have to eat soup very soon.

mardi 4 octobre 2016

Bilan semaine 63

Donc le blog de cette semaine va être court, parce que y'a pas grand chose à raconter, j'vais pas non plus m'inventer des aventures pour remplir des pages. C'est quand même comme ça que les chaînes d'infos 24 sur 24 ont fini par transformer les infos en spectacle.

Bref, une dernière semaine dans le viseur et ce sera les vacances d'automne qui vont faire du bien, si la direction ne trouve pas le moyen de nous charger d'une tonne de paperasse d'ici là, bien entendu.


Arizona Bart is getting ready for the hollidays.

mercredi 28 septembre 2016

Bilan semaine 62

Mea culpa, mea maxima culpa... J'avais promis de ne plus rater un lundi et je trouve quand même le moyen de me planter. Le pire, c'est qu'hier en rentrant du boulot, j'étais en train de réfléchir à mon post, et j'ai oublié.
Bref, du coup, plus de choses à raconter aujourd'hui vu le réveil que j'ai eu.

Le matin, j'écoute les infos de France Inter histoire de me tenir au courant de ce qu'il se passe au pays quand j'entends aujourd’hui que Juppé appelle les déçus de Hollande à voter pour lui. Je manque de m'étouffer avec mon dentifrice... Par où commencer? Mon bon Monsieur, primo, je ne suis pas déçu de Hollande: je n'attendais rien de lui; il n'avait qu'une seule mission, c'était de foutre Sarko dehors, et il l'a remplie. Secundo, le jour où je voterai pour un repris de justice "droit dans ses bottes" élevé à la magouille chiraquienne n'est pas près d'arriver. Enfin, et je m'en excuse d'avance auprès d'éventuels lecteurs qui rouleraient de l'autre coté de la route, voter Juppé parce qu'on est déçu du hollandisme, c'est comme de décider de virer sa cuti parce qu'on a passé un mauvais rencard... Monsieur Juppé, les gens de gauche ont des convictions, c'est ce qui les distinguent des gens comme vous.

Cette semaine a particulièrement mis en lumière l'extraordinaire variété de situations chez les mômes à qui j'enseigne. Entre l'épileptique qui fait sa crise au milieu du terrain de foot alors que je suis de corvée de surveillance (il a survécu), à l'autiste avec lequel j'ai une conversation sur les pharaons, j'ai quand même une belle brochette de gamins.
Je fais aussi face à des questions éthiques: une de mes élèves à problèmes a été retirée de l'école par ses parents, est-ce mal de se réjouir de ne plus avoir à s'en occuper?

Je retourne enfin au cinéma pour aller voir le remake des Sept Mercenaires. Un bon western sans prétention qui vaut le déplacement, surtout si vous êtes comme moi et que vous adorez Denzel Washington.


Arizona Bart chokes on his toothpaste.

mardi 20 septembre 2016

Bilan semaine 61

Une fin de semaine relativement tranquille après les histoires de manuel et de Bible. Je profite d'avoir un max d'avance dans la préparation de mes cours pour ralentir un peu la cadence et me reposer.
Ce weekend j'ai pu rattraper un peu mon sommeil en retard, je vais en avoir bien besoin parce que dans deux semaines, il va falloir envoyer les bulletins du premier "bimestre".
Pour l'instant pas de surprises majeurs, mais faut apparemment écrire un roman pour chaque môme, ce qui n'est pas un problème pour certains (ce qui n'est pas nécessairement une bonne chose) mais qui va être un vrai challenge pour d'autres.

Je termine ma lecture de Christopher Hitchens; on m'a déjà conseillé d'autres auteurs dans la même veine. Je vous tiens au courant.

Une traversée du désert niveau sortie cinéma en ce moment, entre les derniers bloc-busters de l'été et les premiers films des fêtes de fin d'année, il ne se passe pas grand chose.


Arizona Bart has a slow end of the week.

vendredi 16 septembre 2016

J'en crois toujours pas mes oreilles

Aujourd'hui je discute boutique avec le collègue plus que légèrement fanatisé qui enseigne l'Histoire Antique (qu'ici ils appellent Histoire Ancienne) à la classe de 5ème que je n'ai pas.

Ça fait une semaine qu'on a terminé le petit manuel consacré à la Mésopotamie et qu'on attend de distribuer celui dédié à l'Egypte (l'école n'en a pas commandé assez...). Je me renseigne de savoir quand est-ce qu'on va les recevoir (la semaine prochaine normalement) et je demande au passage qu'est-ce qu'on va utiliser pour toute la partie du programme sur l'histoire de l'Israël antique. Il me dit qu'il n'y a pas vraiment de manuel pour cela mais que ce n'est pas grave parce que l'année dernière il n'a eu besoin d'utiliser que sa Bible.
BOOM. Le bruit du Bart qui tombe de sa chaise. Et des bras qui tombent du Bart.
Au moment où je m'en vais lui demander s'il se fout de ma gueule, je sens poindre dans son regard bovin l'interrogation qui fait suite à la lecture de l'étonnement / choc / dégoût sur mon visage et dans mon langage corporel.
Courage, fuyons. Je décide de ne même pas essayer de lui faire comprendre que son almanach de superstitions de paysans moyen-orientaux n'est pas vraiment une source historique fiable ni scientifique. Faut quand même pas se foutre de la gueule du monde, bordel de merde...

Dans notre dernière engueulade sur le sujet, comme j'ai eu l'audace de mettre en doute l'existence même de son Jésus, il m'explique qu'il y a plus de témoignages de l'existence de Jésus que de celle d'Alexandre le Grand et pourtant je ne remets pas en question l'existence d'Alexandre le Grand.
Je lui réponds que primo, personne n'essaye de m'imposer qui j'ai le droit de baiser, comment j'ai le droit de baiser, ce que j'ai le droit de manger ou non, quel jour je dois me reposer, etc. en fonction des enseignements d'Alexandre le Grand; et secundo, le fait même qu'il y ai plus de témoignages de l'existence de Jésus, un prêcheur à douze acolytes, parmi tout un tas d'autres prophètes dans une des provinces les plus reculée du monde civilisé, que de l'existence d'Alexandre le Grand, un homme qui a conquis de son vivant l'ensemble du monde connu et qui a laissé partout sur son passage des villes portant son nom, est en soi suspect, et que ce serait pas la première fois que sa chère Eglise fabriquerait des preuves pour soutenir sa position... Aïe, l'a pas aimé.

Et ces gens là ont l'arme nucléaire, j'en ai froid dans le dos.


Arizona Bart cannot believe what he's hearing.

mardi 13 septembre 2016

Bilan semaine 60

Cette semaine j'ai eu une première idée de la relation privilégiée parent-prof en envoyant ma première série de deficiency notices.
Pour commencer, parlons du système de note: la note réelle finale est un pourcentage de réussite résultant de l'amalgame de tous les autres résultats pondérés. Comme un système de coefficients en somme. Chaque enseignant a fixé en début d'année la constitution de sa note finale: en ce qui me concerne, 40% pour les devoirs, 35% pour les interros et 25% pour la participation; ce qui veut dire qu'un élève peut être le dernier des abrutis, du moment qu'il fait ses devoirs et ne me fait pas chier en classe, il passe haut la main.
Notre logiciel informatique calcule la note en temps réel à chaque fois qu'un nouveau résultat est entré.
Mais en plus de la note, il y a un système par lettre, A (entre 100% et 90%), B (90% à 80%), C (80% à 70%), D (70% à 60%) et F (pour Fail, échec, en dessous de 60%).
La loi ici (je ne sais pas si c'est juste l'Arizona ou si c'est national) n'autorise pas à coller un élève si les parents n'ont pas d'abord été prévenu de la situation de leur môme, donc en milieu de "bimestre" il faut envoyer un avis de carence à tous les parents dont les enfants ont un D ou moins.

Ayant prévu le coup, la semaine précédente j'ai balancé un paquet d'avertissements aux parents dont les mômes ne font pas leurs devoirs pour leur permettre de rattraper. Ça a eu son effet pour ceux dont je me doutais que les darons allaient leur remonter les bretelles; l'absence de réaction des autres me confirme qu'ils ne seront pas étonnés de recevoir un petit avis de carence par la suite.
Je note quand même le message de cette mère qui m'explique en trois pages que son petit ange est un enfant modèle et que s'il ne fait pas ses devoirs, ça ne peut être que de ma faute... L'avis de carence que j'ai balancé en réponse à dû la calmer.

Sinon, le cas du jeune C., un sale petit con qui vous regarde de travers à chaque fois que vous avez le malheur de lui demander de travailler ou ne serait-ce que de fermer sa gueule. Il y a deux semaines, je le vire de mon cours parce qu'il s'amusait à renverser sa bouteille d'eau sur son bureau: sa mère appelle direct le dirlo, je ne passe pas par la case départ, je ne prends pas la peine de questionner le prof, je demande sa tête directement au proviseur. Jeudi, envoie des avis de carences: j'ai vérifié avec les collègues, la mère en a reçu six, sur six classes, le grand chelem... Résultat: elle a retiré son gosse de l'école pour le mettre ailleurs, parce qu'il est évident que son incapacité totale à travailler ne peut pas venir de lui... Je dis: bon débarras!

Ceci dit, la vaste majorité des gamins sont assez agréables avec même deux ou trois que je prends plaisir à voir tous les jours. Oui, j'ai mes chouchous, et alors? Ils sont gentils et travailleurs.

Mais quand même, couché à minuit pour écrire ces saloperies d'avis, parce qu'évidemment, il faut que ce soit enrobé dans cinquante couches de sucre, miel, marshmallow et crème chantilly de façon à ne pas faire de mal aux fragiles petits sentiments des familles. Je suis désolé mais y'a quand même pas 600 façons de dire "ton gosse est un fainéant" ou "c'est un abruti" voir, malheureusement bien souvent, les deux.
Attention, ça ne veut pas dire que je ne veux pas leur enseigner, mais j'ai passé plus de temps cette semaine sur ces conneries que sur mes plans de cours et mes corrections. Alors, je suis prof ou chargé de relations publiques?


Arizona Bart sends deficiency notices.

jeudi 8 septembre 2016

Comme au cinéma

Aujourd'hui, en sortant de l'école, une boule d'amarante poussée par le vent a traversé la route déserte devant moi. Un pur cliché du far-west, je me suis cru dans un film.


Arizona Bart sees some tumbleweed.

mardi 6 septembre 2016

Bilan semaine 59

Il me reste un paquet de copies à corriger, mais il y a une limite à ce que le cerveau humain peut endurer d'inepties avant de se mettre en mode veille d'urgence, donc je décide de faire une pause.

Voici donc, grâce à la Fête du Travail américaine, un weekend de trois jours qui s'achève. Ça fait du bien, et comme j'avais mis les bouchées doubles la semaine dernière pour prendre de l'avance, j'ai presque pu ne pas penser boulot pendant deux jours.

Je me rattrape donc un peu niveau lecture en attaquant le livre d'un bonhomme admirable, Christopher Hitchens: God is not Great, How religion poisons everything ("Dieu n'est pas grand, Comment la religion empoisonne tout"). Chaque page est une bouffée d'air frais, d'autant plus qu'il me semble n'être entouré que de fanatiques religieux.
Rien qu'à la gueule du caissier à la librairie, j'ai bien senti qu'il n'approuvait pas mon choix de lecture. En même temps, c'est une librairie où la toute petite section philosophie est cachée tout au bout du très très long rayon religion.
Vous aurez deviné rien qu'au titre que M. Hitchens est un athée comme je les aime et d'un niveau autrement supérieur aux curetons, rabbins, imams et autres qu'il a passé une grande partie de sa vie à ridiculiser dans des débats publics.
Je ne résiste pas à vous traduire un petit passage du chapitre I:
"Par conséquent la critique la plus clémente que l'on puisse faire de la religion en est aussi la plus radicale et dévastatrice. La religion est inventée par l'homme. Même ceux qui l'ont inventée ne peuvent se mettre d'accord sur ce que leurs prophètes ou sauveurs ou gourous ont réellement fait ou dit. Ils peuvent encore moins espérer nous expliquer le "sens" de découvertes et développements postérieurs à leur invention, qu'ils ont, d'ailleurs, bien souvent combattu ou dénoncé. Et pourtant, les croyants prétendent encore savoir! Et pas seulement savoir, mais tout savoir. Non seulement que dieu existe et qu'il a tout conçu et tout supervisé, mais aussi ce qu'"il" exige de nous - de notre régime alimentaire, à nos pratiques religieuses, à nos mœurs sexuelles. En d'autres mots, dans une vaste et complexe discussion ou nous en savons de plus en plus sur de moins en moins de sujets, mais où nous pouvons espérer une certaine illumination en cours de route, une faction - elle-même constituée de factions se faisant la guerre entre elles - ose nous dire que nous avons déjà toutes les informations dont nous avons besoin. Une telle stupidité, combinée à une telle arrogance, devrait à elle seule exclure le mot "croyance" du débat. La personne qui dit être certaine, et proclame l'origine divine de sa certitude, appartient à l'enfance de notre espèce."

Sur un tout autre sujet, il y a deux semaines, avec d'autres joueurs de mon magasin de jeux local, nous avons démarré une ligue Warhammer 40,000 Conquest. Je suis fier de rapporter que je suis pour l'instant invaincu, en ayant vaillamment remporté mes trois premiers matchs avec deux maîtres de guerre différents.
Je sais c'est peut-être du chinois pour certains, mais c'est pas grave.


Arizona Bart gets some deserved rest and reading.

mercredi 31 août 2016

Bilan semaine 58

Et voilà, après plus d'une année sans faute, j'ai raté un épisode... Raaah la haine.
Bref, une petite explication: après une bonne journée à l'école, je rentre et je trouve quand même le moyen de passer plusieurs heures à peaufiner mes leçons du lendemain.
Résultat, hier, pris dans mon enthousiasme à préparer mon cours sur l'empire Néo-Assyrien, sa machine de guerre, et l'invention de la guerre psychologique (les mômes ont adoré), j'ai pas regardé l'heure et je me suis couché super crevé pour me rendre compte ce matin que j'avais un peu oublié d'écrire mon blog. Oups.
Ami lecteur, je promets de faire un effort pour que cela ne se reproduise pas.

Sinon, pour ceux qui me traitent de social-traître je réponds: ben c'est pas faux, mais en même temps c'est difficile d'être solidaire du prolétariat aux Etats-Unis quand il est ultra-religieux, raciste et con comme ses pieds.

La conversation de la semaine: je signalais comment ça faisait bizarre que mon supermarché ait déjà mis en vente les décorations d'Halloween (c'est fin Novembre!!!). On me dit qu'à Hobby Lobby, ils font les produits de Noël toute l'année. Je réponds que je mets pas les pieds à Hobby Lobby de toute façon.
Explication: Hobby Lobby est une chaîne de magasins de loisirs créatifs qui a décidé il y a un an ou deux que la mutuelle médicale de la boîte ne rembourserait plus les moyens de contraception et ce pour des raisons "morales". Ça a fait du bruit parce qu'une cours de justice américaine a quand même trouvé le moyen d'admettre qu'une entreprise pouvait avoir des convictions religieuses.
Bref, on me dit que c'est parce que je suis un hérétique, je réponds que non, c'est parce que je n'admets pas qu'une entreprise privée puisse décider ce pourquoi ses employés ont le droit de se faire soigner ou non. Ceci dit, ils n'ont pas tort: je donne pas sciemment mon argent à des fanatiques religieux.
Aïe, je ne sais pas ce qui est pire à leurs yeux, être athée ou être communiste (communiste ou socialiste, pour eux c'est la même chose)...
Je suis quand même pas tombé dans le meilleur coin du pays. Toutes mes connaissances raisonnables me disent que ce n'est heureusement pas comme ça partout. J'ai hâte de voir par moi-même.


Arizona Bart does not give his money to fanatics.

mardi 23 août 2016

Bilan semaine 57

Alors que les cadences infernales se maintiennent au niveau du boulot, cette semaine je prends une petite piqûre de rappel de la réalité de l'éducation aux Etats-Unis en général et en Arizona en particulier.
Si ce n'est déjà fait, regardez l'excellente émission du non moins excellent John Oliver. Cette semaine, un reportage sur les charter schools. Pour mémoire, je travaille moi-même pour une charter school, ceci dit, pas pour une du genre présenté dans le reportage, heureusement.
Mais une collègue à qui je faisais part de mon heureuse surprise de la qualité générale de nos élèves, surtout pour un recrutement au tirage au sort, m'explique les ficelles: d'abord nous n'avons pas de transport style ramassage scolaire: on élimine déjà tous les mômes dont les parents ne peuvent pas les amener et les rechercher à l'école. Et puis surtout, nous n'avons pas de cantine: pour beaucoup de gamins des écoles publiques, le petit-déj' et le déjeuner offerts par la cantine sont les seuls repas de la journée...
La douche froide. Donc sélection par tirage au sort, oui, mais avec une grosse pré-sélection par défaut des familles qui ont les moyens de transporter et de nourrir leurs enfants. Mine de rien, ça élimine pas mal de monde.
Allez, on va quand même continuer à croire en l'humanité; on va essayer en tout cas.


Arizona Bart discovers some tricks.

mercredi 17 août 2016

Emploi du temps

Alors maintenant que je suis réveillé, je vais vous faire profiter de mon emploi du temps, ce qui devrait aussi vous donner une idée d'une journée dans la vie d'un collégien américain.
Il est fortement recommandé aux enseignants d'être sur le campus vers 7h25. De toute façon, avec la cohue des parents qui viennent déposer leurs mômes, vouloir arriver plus tard c'est se mettre en retard d'office.
La première période commence à 7h45 et fini à 8h50 (elle dure plus d'une heure pour faire les annonces du matin plus le pledge of allegiance: tous les matins, les petits ricains prêtent serment au drapeau des Etats-Unis). Deuxième période de 8h55 à 9h55, troisième de 10h00 à 11h00 et quatrième de 11h05 à 12h05. Pas de récré!
La pause déjeuner dure jusqu'à 12h30, après les élèves ont le choix entre rester dehors ou aller en classe étudier jusqu'à 12h55. Cinquième et sixième périodes s’enchaînent de 13h00 à 14h00 et 14h05 à 15h05. Fin de la journée d'école, mais en général les enfants continuent avec des activités extra-scolaires, généralement du sport.
Toutes les journées sont les mêmes, donc pas d'emploi du temps variable d'un jour à l'autre comme en France. Ceci dit, si j'ai bien compris, certaines écoles font tourner les cours pour que les profs puissent avoir les mômes à différentes heures de la journée, ce qui n'est pas idiot.

Je donne cours en première, troisième, quatrième et sixième périodes, ce qui est plutôt équilibré, et je profite de mes heures de "prep'" pour torcher toutes mes obligations administratives. La journée n'est pas finie à 15h05 pour autant; de toute façon, même si je pouvais partir, il me faudrait attendre que l'embouteillage des parents soit passé.
Les mercredis, que je vais adorer, c'est demi-journée: les mômes ont quand même leurs six périodes, mais elles ne durent que 40 minutes pour une fin de journée à 12h05.
Par contre, le mercredi après-midi est le moment où la direction nous colle les réunions administratives; je découvre évidemment un tas de règlements, directives et autres lois dont je n'ai jamais entendu parlé. Un point commun cependant entre toutes les administrations éducatives: leur amour pour les abréviations et acronymes et tout genre...
En général, je quitte l'école vers 17h00 (je m'oblige d'avoir tous mes polycopiés prêts pour le lendemain pour ne pas avoir à me battre pour la photocopieuse à 7h30 du matin) et une fois à la maison, je peaufine mes cours du lendemain entre deux de regarder des conneries sur internet (ou d'écrire un blog). De bonnes journées en somme mais je sens que je vais vite atteindre ma vitesse de croisière. J'ai hâte parce qu'en ce moment je suis sur les genoux.
Je bosse les samedis: plus j'en fais à ce moment là, moins j'en ai à faire pendant la semaine, et puisque je suis tout seul en ce moment de toute façon, autant en profiter.


Arizona Bart describes his days.

mardi 16 août 2016

Bilan semaine 56

Quoi? Bien sûr que non je ne suis pas allé me coucher en oubliant d'écrire mon blog. Il était tout à fait prévu que je fasse un long article de rattrapage plus tard...


Arizona Bart needs his sleep.

mardi 9 août 2016

Bilan semaine 55

Tout d'abord, merci à tous ceux qui m'ont envoyé des messages d'encouragement; vous pouvez constater que j'ai survécu à mes premières journées face aux mômes.
En même temps, ce n'est pas non plus un exploit: je savais déjà que j'aurai à faire à des gosses plutôt bien élevés, en tout cas bien policés. J'en ai un qui vient me serrer la main après chaque cours pour me remercier. Au début, ça surprend, ensuite on se dit "il est en train se foutre de ma gueule", finalement, c'est plutôt sympathique.
D'un autre coté, les chiards sont les mêmes partout sur Terre et préféreraient clairement être ailleurs que d'avoir à subir mon cours sur le Croissant Fertile et la Mésopotamie. Mais merci la MFR, j'ai déjà repéré mes têtes de pioche et mes Fonzy des bacs à sable: ils ont été prévenus, ferme mais juste, une main de fer dans un gant d'acier, avec moi, on n'est pas là pour rigoler.
Coté francophones en herbe, l'immersion totale crée la panique; chez moi aussi d'ailleurs. Il faut vraiment se faire violence pour ne pas lâcher une traduction vite fait quand on galère dix minutes à faire comprendre un truc tout simple, d'un autre coté, quand ils finissent par comprendre, on est à peu près sûr que ça ne sortira pas par l'autre oreille aussitôt.
Aujourd'hui, comme j'ai bien senti que vendredi je les avaient perdus (jours de la semaine et mois de l'année le même jour) on s'est fait un Frère Jacques en canon, c'était assez sympa. Je suis bien content d'avoir ce genre de trucs sous le coude pour quand ça devient difficile.

Le plus stressant, c'est surtout de ne pas avoir un cours béton en entrant dans la classe. Ce qui me fait penser, mes cours vont pas se préparer tout seuls: au boulot!

Sinon, ayé! J'ai réussi à aller voir Ghostbusters avant qu'il ne soit plus diffusé en salles. Ça ne restera pas comme le film comique de l'année, c'est sûr, mais je ne m'attendais pas non plus à un chef d'oeuvre à se rouler par terre. Dans l'ensemble je recommande. Faut surtout voir s'il résiste au passage du temps, je crois qu'il a un bon potentiel pour devenir culte dans vingt ans.


Arizona Bart has a good start.

jeudi 4 août 2016

La veille de la bataille

Un gros coup de mou lundi soir et hier, je commençais vraiment à remettre en question mes choix de carrières en ayant l'impression d'être lâché dans la fosse aux lions sans beaucoup de préparation. Heureusement, aujourd'hui j'ai reçu beaucoup de réponses à des questions que je pose depuis deux semaines et, le plus important, j'ai enfin un plan de bataille détaillé pour mes deux prochains jours de cours. Oui, oui, je sais que ce plan ne survivra pas plus de cinq secondes en face des fauves, mais ça rassure quand même.
Donc voilà, plus moyen de reculer, à part démissionner sans préavis, ce que mon contrat me permet. Demain, une première génération d'Américains va comprendre comment s'appelle Raoul...

Hier, une heure et demi pour rentrer au lieu d'un quart d'heure: je me suis retrouvé sous un méga orage de mousson qui a bloqué les autoroutes et transformé les rues en rivières; super impressionnant. D'un autre coté, rouler sous la flotte, je connais.
Je me suis fait tremper rien que d'aller jusqu'à la voiture, mais c'est pas bien grave: c'est de l'eau chaude; comme un petit souvenir de Guyane. J'en ai quand même profité pour mettre la clim' à fond pour essayer d'avoir froid, histoire que la température corresponde à la couleur du ciel. Incroyablement, ça fait du bien de pas toujours avoir un beau ciel bleu.

Toujours pas vu Ghostbusters avec ces bêtises, je sais plus quoi faire.


Arizona Bart drives through the rain.

mardi 2 août 2016

Bilan semaine 54

Ouf, j'ai survécu à ma première soirée parent-prof. Les gamins ont l'air plutôt sympas et motivés, mais je me doute bien que ceux que j'ai vus ce soir ne constituent pas un échantillon représentatif de l'ensemble de la faune.
Bref, je ferai un plus long compte rendu demain, il est super tard et je vais me coucher.


Arizona Bart survived his first parent encounter.

dimanche 31 juillet 2016

Petites précisions

On m'a fait remarquer que mes articles étaient parfois cryptiques pour ceux qui ne suivent pas spécialement au jour le jour la vie des Etats-Unis.
Hier j'ai donc relayé des vidéos de Michelle et Barack Obama, de leurs discours respectifs à la Convention Nationale Démocrate qui s'est tenue cette semaine et qui a pour but de nommer officiellement le candidat du parti aux élections présidentielles qui se tiendront en Novembre de cette année. Ces deux discours ont donc pour but d'affirmer le soutien du président sortant à Hillary Clinton.
Ce que je retiens de ces discours, et qui m'ont poussé à les partager, c'est à la fois l'élégance de la forme et la tempérance du message de fond qui contrastent profondément avec les aboiements du parti d'en face. Quelle bouffée d'air frais après le populisme raciste et xénophobe de la Convention Républicaine.
Je ne me prive pas de rapporter l'analyse de Salman Rushdie sur la méthode Trump: "d'abord faire une déclaration épouvantable, ensuite avoir son vice-président dire le contraire, puis faire dire à un homme de paille qu'il n'a jamais dit ça, puis prétendre que c'était une blague, enfin accuser Hillary."
Ça me rappelle malheureusement un autre homme politique bien français dont la spécialité est d’enchaîner les déclarations scandaleuses pour faire oublier celle de la veille, du moment qu'on parle de lui.


Arizona Bart talks abut politics, again.

samedi 30 juillet 2016

Un peu de politique

Voilà pourquoi j'aime les Etats-Unis malgré tous ses défauts:



Et pour les plus courageux:



Arizona Bart still loves the USA.

mardi 26 juillet 2016

Bilan semaine 53

Ben quand même, entre les techniques pour susciter et maintenir l'attention des mômes, la science de la disposition des tables de bureau, la gestion de l'espace du tableau blanc, les astuces pour maintenir une proximité physique non anxiogène avec les élèves pour assurer à la fois discipline et relation personnalisée, les trucs pour la prise de notes, l'art et la manière de mettre en place des procédures, la subtilité du compliment constructif et de la critique encourageante, et la philosophie d'une notation équitable au service d'une évaluation sommative efficace, j'en passe et des meilleurs, le tout dans le respect des principes du dialogue socratique, on en oublie parfois qu'on doit enseigner quelque chose...
Heureusement, mon proviseur ne l'oublie pas, lui, et ne manque pas de nous réclamer notre présentation générale du programme, avec objectifs de réussite et ce qui est attendu des élèves, séquences de cours pour l'année et plans de cours journaliers pour la première quinzaine d'école. Rien que ça. Pour l'Histoire, je pompe sans vergogne sur ce que mon collègue a fait l'année dernière, pas le choix de toute façon, pour le Français, j'improvise à partir du plan général fourni par le réseau d'établissements. Le cahier de textes semble solide, et de toute manière, cette année est consacrée à les gaver de vocabulaire et de répétition orale; je ne m'inquiète heureusement pas encore d'avoir à corriger une mésinterprétation de Céline ou de Rimbaud.
Mais le plus dur dans tout ça, et que je me répète tous les jours: les enfants ne comprennent pas le sarcasme, ceux là en tout cas paraît-il. Comment je vais faire? Me moquer d'eux fait partie intégrante de mon style d'enseignement. Je suis dans l'embarras.

Bref, vous aurez compris, la formation accélérée continue à une cadence soutenue. Je n'ai plus que trois livres à lire pour le séminaire d’après-demain et tout le cahier de textes d'Histoire à avaler pour la semaine prochaine. Raaaaaahhh, je meurs. Mais qu'est-ce que c'est intéressant quand même.

Entre deux, je trouve le temps de terminer la série Stranger Things. Qu'est-ce que c'est formidable! Je retombe en enfance. Merci Québec Sam pour cet excellent conseil de visionnage.


Arizona Bart is somewhat overwhelmed.

mercredi 20 juillet 2016

Bilan année 1

Et oui, un an jour pour jour que j'ai débarqué de l'avion à Phoenix. Ça passe vite quand même.
Est-ce que j'ai rempli tous mes objectifs? J'ai fini par trouver le boulot que je voulais et j'ai terminé tous mes papiers, à l'exception de mon certificat enseignant (ceci dit, on m'a confirmé officiellement aujourd'hui que j'étais classé comme "hautement qualifié" par le Board of Education); je pense que je suis pas loin d'une année réussie. Evidemment quelques hauts et quelques bas et j'admets que la solitude commence à me peser, mais dans l'ensemble je suis plutôt satisfait. Que t'en semble, lecteur?

Nouveaux objectifs pour l'année à venir: trouver une maison sympa pour m'installer avec Cla, confirmer mon poste de prof, rentrer en vacances au pays et commencer à accueillir les premiers visiteurs assez courageux pour braver les chaleurs arizoniennes.


Arizona Bart declares his first year a success.

mardi 19 juillet 2016

Bilan semaine 52

Ce weekend, reprise de Ballers et début de Vice Principal, mais je dois surtout m'arracher au visionnage de Stranger Things pour écrire ce poste. Je viens d'avaler deux épisodes qui démarrent sur les chapeaux de roues: imaginez E.T. si E.T. n'était pas gentil... Je vais être obligé de me forcer à ne pas regarder toute la première saison cette nuit.
Je prends aussi le temps d'aller voir Secret life of pets. Ça ne restera certainement pas comme le chef d'oeuvre de l'année mais je vous encourage quand même à aller le voir, ne serait-ce que pour Kevin Hart qui double le lapin psychopathe dans la VO.

Ma deuxième semaine de formation commence et je suis toujours aussi content d'avoir été embauché dans cette école. On est passé de la philosophie générale à des considérations plus concrètes (préparation d'un plan de cours, organisation physique de la classe) mais ça reste super intéressant et motivant.
Au cours de la semaine tous les nouveaux profs de mon établissement ont fini par se rencontrer et se regrouper. Un groupe plutôt sympa avec lequel j'ai hâte de travailler. Autre bonne nouvelle, je ne suis pas le seul à vouloir obtenir mon certificat d'enseignant et j'aurai donc des camarades pour passer le très excitant examen sur les constitutions des Etats-Unis et d'Arizona.
Par ailleurs, mon programme de Français commence à prendre forme; je suis plus inquiet pour les cours d'histoire mais mon collègue antiquiste tente de me rassurer en me disant que l'année dernière, ses cours étaient préparés et finalisés le jour même de la classe. Le mot d'ordre pour l'instant est donc de "garder une journée d'avance sur les élèves".

Allez, juste un petit dernier épisode et je me couche...

Avant ça, je veux juste dire une chose importante: vive la France! Ne laissons pas notre tristesse et notre colère dicter l'avenir de notre pays.


Arizona Bart just needs to stay one day ahead of his students.

mardi 12 juillet 2016

Bilan semaine 51

Je suis rassuré après cette excellente première journée, ma nouvelle entreprise ne semble pas faire partie d'une secte quelconque, en tout cas d'après ce que j'en ai vu. J'avais quand même quelques doutes à force d'entendre que le but du groupe était la recherche de la Vérité, de la Bonté et de la Beauté.

Aujourd'hui tous les nouveaux enseignants du réseaux (vingt-sept écoles à ce jour), dont votre humble serviteur, ont donc commencé la formation pour les nouvelles recrues sur le campus principal: présentation du réseau, de ses principes, sa philosophie et de ses objectifs.
Pour se mettre en jambe, une très intéressante présentation sur l'opposition éducation classique et Education Progressive (développée aux Etats-Unis au début du XXème) avant de se séparer en groupes de travail pour un débat sur un des Dialogues de Platon, Ménon en l’occurrence, et le dialogue socratique en général. Vous aurez compris, mes nouveaux employeurs son plutôt partisans d'une éducation classique.
Houlà, ça change quand même violemment mais très agréablement de répondre aux abrutis au téléphone qui ne savent pas changer leur mot de passe...

J'ai hâte de voir la suite. J'ai rencontré quelques futurs collègues de mon école et je pense qu'on va bien s'entendre.
Les parcours ont l'air extrêmement diversifiés, mais ça reflète surtout, je pense, la difficulté de trouver du personnel compétent dans un pays qui traite aussi mal ses enseignants.

Petite précision, l'entreprise est à but non lucratif: c'est donc un réseau d'écoles privées mais gratuites, financé en partie par l'Etat d'Arizona et en partie par les contributions privées, mais les familles n'ont rien à payer pour inscrire leurs mômes ET il n'y a pas de critère de sélection à l'inscription (social, racial, etc). Ça met du baume à mon cœur de gauchiste.

J'ai encore pas mal de paperasse à torcher, mais tout commence à prendre forme et à devenir clair, ça fait du bien.
Conclusion: une bonne journée.


Arizona Bart has a very good first day at work.

jeudi 7 juillet 2016

Rattrapage

Tout vient à point à qui sait attendre, paraît-il. Voici donc, enfin, le résumé de la semaine précédente.

La journée de repos que je voulais m'accorder s'est mystérieusement transformée en une semaine complète de grasse mat' et de glandouillage; mes premières vacances depuis presque un an.
Ça s'est terminé lundi avec les célébrations du 4 Juillet, qui comme tout le monde le sait est la fête nationale américaine commémorant l'indépendance du pays du joug britannique. Pour moi, ça veut dire retour au stade de baseball avec un feu d'artifice après le match.

Depuis hier par contre, retour sur Terre: j'ai signé mon contrat de travail et je prépare les activités et la tonne de paperasse que je doit avoir révisée pour le début de ma formation la semaine prochaine. A noter que l'Arizona est un free will State, c'est à dire que l'employeur peut mettre fin au contrat sans justification ET sans préavis. Vive le code du travail et la défense des salariés.

Sinon, Normandy Cla a passé son entretien à l'ambassade aujourd'hui et devrait recevoir son visa dans la quinzaine, même s'il lui manquait un document. Incroyable: elle a apporté absolument tous les papiers qui étaient exigés sur la liste envoyée par les services de l'immigration, plus un tas de papelards au cas où, et il manquait quand même quelque chose.
C'est pas une pandémie ou une autre catastrophe naturelle qui mettra fin à l'Humanité, c'est l'administration, et en trois exemplaires.

Je fais aussi un peu de shopping: fini d'aller au boulot en bermuda et t-shirt, va falloir faire péter la cravate tous les jours, alors re-stockage de futals, chemises et cravate (histoire d'en avoir plus qu'une). En même temps c'est normal, si on exige des élèves qu'ils mettent un uniforme, le minimum c'est de montrer l'exemple et de les respecter en s'habillant formellement de notre coté. Heureusement, c'est pas non plus l'empire du costard-cravate et des chaussures bouts carrés. J'me comprends...


Arizona Bart gets ready to go back to school.

mardi 5 juillet 2016

Bilan semaine 50

Zut, j'ai rien préparé et il est super tard... Bon, je poste vite fait ce message d'excuse avant d'aller me coucher et j'écrirai un vrai article demain.


Arizona Bart says happy 4th of July.

mardi 28 juin 2016

Bilan semaine 49

Ouf! C'est fini. Terminé le job pourri à répondre au téléphone.
Histoire qu'on se quitte en bon terme, j'ai été escorté vers la sortie limite manu militari, pour être sûr que je trouve la porte sans encombre. Belle mentalité. Ils ont oublié que, primo, c'est moi qui ai démissionné, pas eux qui m'ont viré, et secundo, j'étais certainement plus pressé de me barrer qu'ils étaient de me voir partir...
Peu importe, ce boulot a rempli son office: me permettre de gagner de l'argent le temps de m'installer, prendre mes repères et trouver le boulot qui m'intéresse vraiment.
Ceci dit, petit bilan: en seulement dix mois, j'ai eu cinq superviseurs différents, je vous laisse donc imaginer la qualité du suivi et de l'écoute de la hiérarchie. Le dernier en date a été surnommé "le ninja", pour sa capacité quasi surnaturelle à disparaître pile au moment où tu as besoin de lui. J'ai rarement bossé avec une hiérarchie aussi incompétente. Tu apprends très très vite que l'attitude décontractée prônée par l'entreprise est surtout pour la façade et que toi, petit agent de troisième ordre, t'es là pour faire du chiffre et fermer ta gueule. Mais comme on ne se refait pas, je refuse de fermer ma gueule face au patronat, ce qui explique que je ne leur manquerai certainement pas.

Bref, pas de regret. On tourne rapidement la page et on passe aux choses sérieuses.
Enfin, on passera aux choses sérieuses demain, pour l'instant, je m'offre une journée de repos supplémentaire bien méritée.

Autre bonne nouvelle: je prends le boulot en Juillet pour une rentrée des classes en Août parce que cette année je dois suivre la formation pour les nouvelles recrues. Ce qui veut dire que l'été prochain, j'aurai bien deux mois de vacances!
Allez, j'ai reçu le programme de la formation, je vais jeter un coup d’œil vite fait histoire de savoir à quelle sauce je vais être mangé.

Toujours rien d’intéressant au cinéma, une petite traversée du désert avant les blocks busters de l'été. Par contre, une excellente fin de saison pour Game of Thrones.

J'en ferai pas des tartines, parce qu'en France vous devez en avoir ras la casquette d'en entendre parler, mais je dirais simplement aux Royaumes-Unis: bon débarras.


Arizona Bart is on a holliday.

mardi 21 juin 2016

Bilan semaine 48

Je suis au regret de vous annoncer que le Chabichou et les crottins n'ont pas survécus à notre première rencontre. Le Savenay et le Pouligny ne devraient pas tarder à les rejoindre.

Sinon, dernière semaine au téléphone, et ce n'est pas trop tôt. J'ai la nette impression que depuis que j'ai annoncé mon départ, on ne m'envoie plus que les appels pourris.

A part ça, semaine plutôt calme, rien à signaler.


Arizona Bart has just one left on the phone.

jeudi 16 juin 2016

Douce France

Mes chers concitoyens qui vivent encore au pays et qui profitent tous les jours des bienfaits de la Mère Patrie ne comprendront peut-être pas mon bonheur du jour.

Comme je ne peux pas rentrer en France cet été, ma Normandy Cla m'offre the next best thing pour mon anniversaire. Je viens donc de recevoir par colis un petit bout de France. Cinq petits bouts pour être exact:


Deux crottins, un Chabichou, un Savenay et surtout, surtout, le meilleur fromage de la Terre: un Pouligny St Pierre. J'en pleurerai presque.

Maintenant, le plus difficile: trouver du pain digne de ce nom pour accompagner tout ça; et ne pas tout manger en une seule fois...


Arizona Bart receives a taste of France...

mardi 14 juin 2016

Bilan semaine 47

Ayé! J'ai remis ma lettre de démission ce matin: plus que deux semaines à répondre au téléphone. J'ai super hâte.

D'un autre coté, l'échéance d'avoir fini de préparer les cours avance à grand pas aussi. La semaine dernière j'ai eu un rendez-vous à l'école car je les avais contactés à propos des livres de cours. J'avais prévu de prendre de l'avance en commandant mes propres bouquins sur internet (y compris une extension spéciale "prof" avec des exemples d'exercices et de contrôles) mais j'ai subi mon premier choc culturel majeur vis à vis de l'éducation: à 150 $ le livre (non, je n'invente rien), je décide d'attendre bien sagement d'avoir plus d'informations.
Mon rendez-vous me rassure: mes bouquins me seront fournis par l'école, et même mieux que ça, je vais même me faire rembourser l'examen de français que j'ai passé l'année dernière.
En plus, on me fournit les instructions détaillées du programme de français pour ma classe. Quand je dit détaillé, je n’exagère pas: j'ai le découpage au jour par jour de tout ce qui doit être vu en classe pendant l'année. Ça ne m'épargne pas d'avoir à préparer les cours, mais ça me soulage quand même d'un énorme morceau, ouf.
Je ne sais pas encore combien d'élèves je vais avoir car le recrutement n'est pas fini, mais ça ne devrait pas dépasser la douzaine.

Cerise sur le gâteau, on me demande de préparer une liste d'achat pour décorer et équiper ma classe. Je vais avoir ma propre classe! Que je vais décorer moi-même! C'est parfois sympa d'avoir du pognon.
Je prévois de me laisser plein de place pour afficher les travaux des élèves, sinon voilà ce que j'ai mis sur ma liste pour l'instant: une belle carte de France (mon cœur de géographe se réjouit) et une mappemonde (si possible thématique sur la francophonie), un drapeau français, un dico français et un dico français-anglais, un Bescherelle, peut-être un atlas de France (un petit), deux ou trois Astérix, deux ou trois Tintin (les moins racistes, genre Le Secret de la Licorne, ou On a marché sur la Lune), je vais essayer de caser un ou deux Gaston aussi, et des posters.
Je voudrais que les affiches couvrent pleins de sujets; je tiens surtout à une affiche sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen, une ou deux photos de monuments (autre que la tour Eiffel pour changer, peut-être un Mont Saint Michel?), quelques affiches de films (j'aimerais bien leur mettre Les Tontons Flingueurs), les différents types de pains et/ou de fromages (mais pas les pinards malheureusement... eh! la bouffe c'est aussi de la culture), une généalogie des rois de France (mais je pense déjà à un projet en classe de frise sur l'histoire de France).
Vous avez compris l'idée, j'essaye de couvrir un peu toute la culture française sans être complètement dans le cliché. Je reste ouvert à toutes suggestions et commentaires.

Pas de cinéma cette semaine, y'a vraiment rien qui m'inspirait.


Arizona Bart starts thinking about his classroom.

mardi 7 juin 2016

Bilan semaine 46

Ce weekend, je profite d'être encore célibataire quelques temps pour me faire un pur trip de nerd en allant visiter le Phoenix Comicon.
J'avais un passe pour toute la journée de dimanche et malgré tout je n'ai pas eu le temps de faire tout le tour. Ceci dit, ça s'étend dans deux bâtiments et trois étages différents au centre de conférences de Phoenix, du coup j'ai raté pas mal de trucs que je voulais voir, en particulier le pavillon Lego. Dégoûté, mais je préparerai mieux ma visite l'année prochaine.
Voici quelques photos pas trop floues:



Une magnifique DeLorean de Retour vers le futur, complète avec un réacteur Mr Fusion.



Un excellent Jack de L'étrange Noël de M. Jack.



Un R2D2 en cours de construction mais déjà mobile et fonctionnel, sons et lumières inclus. Que du bonheur!



J'ai vu quelques chevaliers Jedis mais, étonnamment, pas un seul Stormtrooper. Heureusement, je croise quand même cet officier impérial pour représenter l'Empire.



Et ce tyrannosaure gonflable. Le pauvre bougre dedans a quand même du bien morflé. On avait beau être à la clim, il devait crever de chaud. Mais j'en ris encore tellement il était drôle à regarder marcher.

Sinon, allez voir Popstar, never stop never stopping. Pour les fans d'Andy Samberg qui aiment bien ses parodies musicales. A voir en VO, bien sûr.


Arizona Bart has a nerdgasm.

mardi 31 mai 2016

Bilan semaine 45

Nouvelle la plus importante cette semaine, Normandy Cla a enfin sa date d'entretien à l'ambassade début Juillet. Le visa est normalement émis dans la semaine qui suit. Ouf, c'est pas trop tôt.

Aujourd'hui c'est Memorial Day, c'est un jour férié où les Américains célèbrent leurs vétérans. Techniquement, je suis un vétéran aussi, pas de l'armée américaine, certes; mais du coup c'est quand même aussi ma journée, alors je travaille pas.

Dire que les Américains aiment leurs vétérans est un euphémisme. Les Américains les adorent à toutes les sauces. Tellement que ça en est un peu gênant parce que ça tourne souvent en concours de qui les aiment le plus, surtout, vous l'aurez compris, en politique.
Alors pourquoi tant d'amour? D'abord, presque 10 % de la population américaine rentre dans cette catégorie. Primo, l'armée est un employeur qui a toujours besoin de chair fraîche; secundo, le système éducatif est devenu tellement inégalitaire que pour la vaste majorité des jeunes issus des classes les plus modestes, s’enrôler dans l'armée est devenu le seul moyen de poursuivre des études supérieures (payées par l'armée à la fin de leur service) ou d'obtenir une formation professionnelle. Ajoutez à cela des lois fédérales qui favorisent l'embauche des vétérans et que ces embauches permettent aux entreprises de se faire mousser à pas cher.
Il y a aussi deux raisons historiques (et hystériques): premièrement, les Américains sont en sur-compensation pour l'époque de la guerre du Vietnam. L'imagerie générale est que les vétérans du Vietnam se faisaient cracher dessus par les hippies restés bien au chaud à la maison. S'il y a bien eu des événements isolés, cette version des faits est pourtant bien loin de la réalité. Deuxièmement, cet espèce de patriotisme aveugle a été fortement encouragé dans les année Bush fils; une méthode bien connue pour faire taire toute opposition critique en noyant le débat dans un concours de patriotisme: critiquer la guerre, c'est critiquer l'armée, et critiquer l'armée, c'est être un mauvais Américain...
Le plus triste est que malgré tout, le sort de ces vétérans n'est pas très enviable. Par exemple: il y a plus de morts par suicide chez les vétérans que de morts au combat. Pourquoi? Parce que nombre de ces vétérans souffrent de symptômes post-traumatiques et qu'ils ne sont pas suivis.
Régulièrement des enquêtes dénoncent le manque de moyens du VA (Department of Veterans Affairs, ministère des anciens combattants) et l'ineptie de son organisation, issue de son manque de moyens. 

Ce qui me ramène à mon sujet favori: l'hypocrisie de la droite américaine, celle qui s'enveloppe dans le Star Spangled Banner à la moindre occasion, celle qui estime que la Constitution des Etats-Unis a été dictée aux Pères Fondateurs par Jésus en personne, celle qui jure matin, midi et soir qu'il n'existe pas pour un être humain de plus noble tâche que de défendre le pays de la Liberté en servant dans les forces armées, la police ou les pompiers.
Heureusement, les mots ne coûtent pas chers, car c'est la même qui préférerait tuer père et mère que d'augmenter d'un iota les impôts de la minorité de milliardaires qui les finance pour donner plus de ressources au VA; et qui dénonce de communiste (ouh le vilain mot) l'idée que l'on puisse donner à ces mêmes militaires, policiers et pompiers qu'ils admirent tellement des salaires décents.

Je suis retourné au baseball aujourd'hui. Eh, c'est pas de ma faute, on continue à m'offrir des places, alors je les prends, surtout quand elles sont aussi bien placées:


Memorial Day oblige, les équipes portaient des motifs camouflages (casquettes et lettrages des noms). Ceci dit, cela fait quelques années que certaines équipes ont des maillots camouflages comme couleurs alternatives.
Qu'est-ce que ça dit d'une société quand ses équipes de sports se déguisent en soldats?


Arizona Bart has a three day weekend.

mardi 24 mai 2016

Bilan semaine 44

Cette semaine, pas de match de baseball, pas d'anecdote croustillante, pas de révélation sur le fonctionnement de la société américaine. Juste une longue semaine la tête dans le guidon: boulot, dodo; heureusement que j'en ai bientôt terminé.

Mon marché du samedi matin va bientôt passer en intérieur pour l'été. Il était temps, la chaleur devient de plus en plus insupportable.
L'autre matin je trouvais qu'il faisait agréablement frais: il ne faisait que 25°C. A six heures du matin. Quel pays de fous.


Arizona Bart does not like the heat.

mardi 17 mai 2016

Bilan semaine 43

Ce vendredi, je profite encore qu'on m'offre une place gratuite pour retourner à Chase Field pour un nouveau match de baseball, cette fois-ci entre les Diamondbacks et les Giants de San Francisco. Les Diamondbacks ont perdus mais le match est resté serré jusqu'à la fin. Je commence à apprécier ces soirées: bière, hot-dog et jeu intéressant, que demande le peuple? (oui: à payer moins d'impôts, je sais, mais ce peuple là est bête).

Le baseball est sensé être le sport national américain, pourtant quand on y réfléchit bien, c'est le moins américain des sports.
D'abord, même si le principe est simple, les règles sont compliquées. Les Américains n'aiment pas ce qui est compliqué, les Américains aiment qu'on réfléchissent à leur place, les Américains aiment qu'on leur mâche le travail. Par exemple, cette horrible habitude de faire suivre le nom d'une ville par le nom de l'Etat ou du pays dans lequel se trouve cette ville (ex: New-York, New-York). A première vue, pourquoi pas, mais en fait ça permet surtout de ne plus avoir à réfléchir, de ne plus avoir à faire cet effort surhumain d'essayer de se rappeler tout seul où se trouve la ville de New-York, pour ceux qui sont encore capables de se rappeler où se trouve l'Etat de New-York, ou même pire: d'avoir à chercher soi-même la réponse dans un de ces horribles trucs poussiéreux, comment ça s'appelle déjà... un lib? un liv? ah, oui, un livre.
Et puis surtout, le fonctionnement de la MLB (Major League Baseball, la première ligue de baseball) est basé sur un système qu'on pourrait presque qualifier de communiste! En effet, les équipes se partagent équitablement les revenus de la diffusion télévisée et de la pub, indépendamment des résultats et du classement; résultat, toutes les franchises, mêmes les plus modestes, sont capables d'aligner des équipes compétitives, et l’intérêt de suivre la saison est maintenu. A comparer au football américain, où le chacun pour sa gueule règne comme il sied dans un pays ultra-libéral, et où le championnat a perdu tout intérêt parce que seulement une demi-douzaine d'équipes ont les moyens de s'accaparer tous les meilleurs joueurs à coup de millions (c'est marrant, ça me rappelle un autre type de football...).
Enfin, pour ceux qui comprennent les règles, c'est un jeu subtil auquel la télévision ne rend pas vraiment justice (ai-je vraiment besoin d'expliquer en quoi subtilité et manque de photogénie sont des notions profondément non-américaines?). Pour le batteur, il ne s'agit pas seulement de taper dans la balle comme un sourd; pour les défenseurs, le positionnement sur le terrain est primordial et doit s'adapter et évoluer en permanence: en fonction du batteur (de son style, droitier ou gaucher), en fonction de la manche, en fonction du nombre de joueurs sur base, en fonction du nombre de joueurs éliminés, etc.

Une place tout en haut des gradins qui permet de voir le terrain en entier est donc un pur bonheur (je recycle ici la photo de mon précédent passage à Chase Field).


Pour finir, j'apprécie aussi l'ambiance bon enfant: pas besoin ici de séparer les spectateurs en fonction de leur équipe favorite pour éviter qu'ils ne s'entre-tuent... (sauf peut-être entre les Red Sox et les Yankees, mais c'est une autre histoire).

Sinon, je suis allé voir Avengers: Civil War. Je préfère de ne pas faire de commentaire. Je suis pourtant bon public, mais l'insulte à mon intelligence a ses limites.


Arizona Bart likes baseball.